Vendredi, 25 Juin 2010 23:22
Le Saviez-Vous ?
Après plusieurs années de négociations pour sauver l'entreprise de semi-conducteurs basée à Corbeil-Essonnes, le dénouement final semblerait proche. Ce matin, une offre de rachat a été présentée au comité d'entreprise afin de sauver l'usine, qui emploie 1 300 salariés.
Sans surprise, c'est Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, qui a endossé le costume de « super-héros ». Il a présenté ce matin aux salariés une offre « ferme » et « irrévocable », pour racheter l'usine aux actionnaires IBM et Infineon. Celle-ci se décompose de plusieurs étapes, dont la première consiste à venir avec 40 M€, ainsi que 30 M€ d'emprunts sécurisés. La seconde étape est d'ouvrir le capital (minoritaire) d'Altis au FSI (fonds stratégique d’investissement) et à des fonds d’investissement internationaux (Proche-Orient), afin de récupérer 50 M€ supplémentaires. Enfin, Yazid Sabeg négocierait aussi l'arrivée de la société russe AFK Sistema, qui pourrait mettre sur la table 20 M€.
« 140 M€ pour relancer Altis »
Mais l'argent ne sauvera pas Altis et le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances le sait très bien. Également homme d'affaire redoutable, il est président du conseil d'administration de CS Communication et Systèmes, qu'il a redressé en le spécialisant dans les services informatiques pour le milieu de la défense. Une stratégie risquée mais inéluctable pour le groupe, qu'il devra réitérer avec l'usine de semi-conducteurs. Car le problème est bien là . Comment relancer la machine dans un marché très compétitif (notamment l'Asie) ? Tout simplement en optant pour une réorganisation d'Altis et une diversification des activités. Tout d'abord, trouver de nouveaux clients est vitale pour la pérennité de l'entreprise, puisque d’ici la fin 2012 les actuels actionnaires n'effectueront plus de commandes. Ensuite, retrouver « des têtes pensantes » reste une des priorités du nouveau big boss, qui souhaite recruter des ingénieurs pour concevoir de nouvelles technologies, afin de réduire les délais de productions « 15 mois pour honorer une commande, c'est trop long ». Parmi les nombreuses ambitions de Yazid Sabeg, on y retrouve le souhait de mettre en place un réseau de centres de design à travers le monde ou encore s’orienter vers les nouveaux marchés sur les composants du futur présents dans l’électronique embarquée en lien avec les pôles de compétitivité et dans la téléphonie. Au final, entre 75 et 100 personnes (ingénieurs et commerciaux) seront recrutées.... et 400 priées de faire leurs bagages.
« 400 emplois supprimés »
Comme dans tout plan de reprise, cela se traduit souvent par un plan social. Présenté au comité d'entreprise, il prévoit le départ de 400 personnes sur les 1 300 de l'usine. Une condition que ne peut négocier le CE, car il s'agit là de la dernière chance qui lui ait proposé de sauver Altis. Les syndicats préfèrent avant de se prononcer, attendre l’avis du cabinet d’expert, qui doit examiner l'offre de reprise. De son côté, Christian Estrosi, ministre chargé de l'Industrie, se félicite de cette proposition, après s'être particulièrement mobilisé sur ce dossier depuis son arrivée il y a un an à Bercy. Une issue favorable, dont est également à l'origine le sénateur Serge Dassault, comme l'a rappelé Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes.
Retrouvez lundi 28 juin dès 7h sur la radio EFM (106.5), la réaction de Yazid Sabeg et à 9h en direct, Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes.